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Oyiwen ed tanemert_______Page mise à jour le 11 mars 2018 vers 22h50 TUC    

Traduction (annotée) du discours prononcé par Joseph Smith le 16 juin 1844 (1)


  Signification des couleurs (en dehors des citations de la Bible (2)) :

traduction du discours rapporté dans History of the Church ;

passages ajoutés lors de l'impression de HoC  ;

passages où la traduction s'éloigne de l'original ;

notes de Thomas Bullock.

NB- La numérotation des paragraphes et les sous-titres ont été ajoutés.

 
[Introduction]____________SERMON DU PROPHÈTE – LA DIVINITÉ CHRÉTIENNE – LA PLURALITÉ DES DIEUX.

___Réunion dans le Bosquet, à l'est du Temple, 16 juin 1844.

___Prière de l'Évêque Newel K. Whitney.

___Le chœur a chanté "mortels, réveillez-vous."

Le président Joseph Smith a lu le 3ème chapitre de l'Apocalypse, et a pris pour son commentaire le premier chapitre, verset 6 : « Et [il] a fait de nous des rois et des prêtres pour Dieu et Son Père. (3) À Lui soient la gloire et la puissance, pour toujours et à jamais. Amen. »

[1]    C'est traduit de façon parfaitement exacte. Maintenant, vous savez que, depuis quelque temps, des hommes malveillants et corrompus ont fait leur apparition et apostasié, quittant l'Église de Jésus Christ des Saints des derniers jours, et ils déclarent que le Prophète croit en une pluralité de Dieux, et, quelle surprise ! nous avons découvert un très grand secret, annoncent-ils – « Le Prophète dit qu'il y a de nombreux Dieux, et cela prouve sa déchéance ».
[2]    Depuis longtemps, j'ai eu l'intention de m'emparer de ce sujet et d'en faire le tour clairement devant les gens, et de montrer ce qu'est ma foi quant à cette question intéressante. J'ai médité la parole de Jésus (Luc, Chapitre 17, verset 26) : « Et ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même aux jours du Fils de l'Homme. »  (4) Et [même] s'il pleut, je prêcherai cette doctrine, car la vérité doit être prêchée.
[3]    Je veux prêcher sur la pluralité des Dieux. J'ai choisi ce texte à cette fin expresse. Je tiens à déclarer [ce] que j'ai toujours [déclaré] et dans toutes les assemblées, quand j'ai prêché sur le sujet de la Divinité, ça a été la pluralité des Dieux  (5). Voilà quinze ans que c'est prêché par les Aînés (6).
[4]    J'ai toujours déclaré que Dieu était un personnage distinct, Jésus Christ un personnage séparé et distinct de Dieu le Père, et que le Saint-Esprit était un personnage distinct et un Esprit, et qu'à eux trois, ils constituent trois personnages distincts et trois Dieux. Si c'est en accord avec le Nouveau Testament, quelle surprise ! nous avons trois Dieux de toutes les manières, et ils sont pluriels ; et qui peut dire le contraire ?
[5]    Notre texte dit « Et [il] a fait de nous des rois et des prêtres pour Dieu et Son Père. » Les Apôtres ont découvert qu'il y avait des Dieux au-dessus. Car Paul dit que Dieu était le Père de notre Seigneur Jésus Christ (7). Mon but était de prêcher les Écritures, et prêcher la doctrine qu'elles renferment, à savoir l'existence d'un Dieu au-dessus du Père de notre Seigneur Jésus Christ (8). J'ose déclarer que j'ai enseigné toutes les doctrines puissantes publiquement, et je prêche toujours des doctrines plus puissantes en public qu'en privé.
[6]    Jean était l'un des hommes, et les apôtres déclarent qu'ils ont été faits rois et prêtres pour Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Cela se lit exactement comme cela dans l'Apocalypse. Ainsi, la doctrine d'une pluralité des Dieux a dans la Bible  la même place importante que toute autre doctrine. Elle traverse toute la face de la Bible. Elle se situe au-delà de toute velléité de controverse. Un voyageur, à moins d'être idiot, n'a pas lieu de s'y égarer.
[7]    Paul dit qu'il y a des Dieux en nombre et des Seigneurs en nombre (9). Je veux présenter cette idée d'une manière claire et simple ; mais pour nous, il n'y a qu'un seul Dieu qui ait rapport avec nous ; et il est en tout et à travers tout, mais si Joseph Smith dit « il y a des Dieux en nombre et des Seigneurs en nombre », ils crient : « Débarrassez-nous de lui ! Crucifiez-le ! Crucifiez-le ! »
[8]    Tous les hommes disent en vérité que les Écritures sont avec eux. Examinez les Écritures, car elles témoignent de choses que ces apostats n'hésiteraient pas à qualifier de blasphèmes. Paul, si Joseph Smith est un blasphémateur, vous en êtes un. Je dis qu'il y a des Dieux en nombre et des Seigneurs en nombre, mais que, pour nous, il y en a un seul, et nous devons nous soumettre à celui-là seul, et aucun homme ne peut fixer les limites ou l'existence sans fin de l'éternité. A-t-il eu la vision du monde éternel et est-il autorisé à dire qu'il n'y a qu'un seul Dieu ? Il se conduit en idiot s'il pense ou dit cela, et c'est la fin de son chemin ou de ses progrès dans le domaine des connaissances. Il ne peut pas obtenir la connaissance complète, car il lui a fermé et scellé la porte.
[9]    Certains disent que je n'interprète pas l'Écriture comme eux. Ils disent que cela renvoie aux dieux des païens. Paul dit qu'il y a des Dieux en nombre et des Seigneurs en nombre ; et cela fait une pluralité de Dieux, malgré les lubies de tous les hommes. Sans révélation, je ne vais pas leur donner la connaissance du Dieu du ciel. Vous savez et j'atteste que Paul n'avait fait aucune allusion à des dieux païens. Je le tiens de Dieu ; ayez mieux que cela, si vous le pouvez. J'ai un témoignage du Saint-Esprit, et l'assurance que Paul n'avait fait aucune allusion à des dieux païens dans le texte. A partir de la Bible hébraïque, je montrerai que je dis vrai, et le premier mot montre une pluralité de Dieux ; et je veux que les apostats et les savants viennent ici prouver le contraire, s'ils le peuvent. C'est un garçon peu lettré (10) qui doit vous donner un peu d'hébreu. Berosheit baurau Eloheim ait aushamayeen vehau auraits (11), soit, selon les traducteurs du roi Jacques : « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. » Je veux analyser le mot Berosheit. (12)Rosh, la tête ; Sheit, terminaison grammaticale, le Baith  n'a pas été initialement mis là quand l'homme inspiré a écrit, mais il a été ajouté depuis par un vieux Juif. Baurau  signifie faire sortir ; Elohim  est du mot Eloi, Dieu, au singulier ; et en y ajoutant le mot heim  , cela le change en Dieux (13). Cela se lisait d'abord  « Au commencement, (14) la tête des Dieux fit sortir les Dieux », ou, comme d'autres l'ont traduit : « Le chef des Dieux a appelé les Dieux ensemble. » Je veux montrer un peu de connaissances, autant que d'autres idiots –
[10]

Un peu de connaissance est chose très perfide.

Buvez dru, ou fuyez la fontaine Piéride.

Les courants peu profonds enivrent le cerveau,

Et boire à profusion nous dégrise à nouveau. (15)

[11]    Toute cette confusion parmi les traducteurs déclarés vient de ce qu'ils n'ont pas bien et assez bu.
[12]    Le Dieu de tête a organisé les cieux et la terre. Je mets le monde entier au défi de me démentir. Au commencement, les têtes des Dieux organisèrent les cieux et la terre. A présent, les prêtres savants et les gens enragent, et les païens imaginent une chose fausse. Si nous continuons le texte hébreu, plus loin, on lit Berosheit baurau Eloheim ait aushamayeen vehau auraits  ‹‹‹‹.(16a) |  (16b) ›››› « Celui de tête des Dieux dit : Faisons un homme à notre image. » J'ai demandé une fois à un Juif érudit : « Si la langue hébraïque nous oblige à voir tous les mots finissant en heim  comme des pluriels, pourquoi ne pas voir le premier Elohim  comme un pluriel ? »  (13) Il répondit : « C'est en effet une règle qui souffre peu d'exceptions ; mais dans le cas présent, ce serait démolir la Bible. » Il a reconnu que j'avais raison. Je suis venu ici pour examiner ces choses au plus près de ma foi. Écoutez et soyez votre propre juge ; et si vous partez en étant satisfaits, ce sera bel et bon.
[13]    À son tout début, la Bible  montre qu'il y a une pluralité de Dieux – nul ne pourra le réfuter. C'est un sujet important que celui sur lequel j'insiste. Le mot Elohim  doit être au pluriel d'un bout à l'autre – des Dieux. Les têtes (17) des Dieux nous ont assigné un Dieu ; et quand vous regardez le sujet sous cet angle, cela vous permet de voir toute la beauté, la sainteté et la perfection des Dieux. Tout ce que je veux, c'est arriver à la vérité simple, nue, et la vérité entière.
[14]    Beaucoup d'hommes disent qu'il n'y a qu'un Dieu ; le Père, le Fils et l'Esprit Saint sont un seul Dieu ! Je dis que voilà un étrange Dieu de toute manière – trois en un, et un en trois ! C'est une curieuse organisation. « Père, je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés. » (18) « Père saint, garde en ton nom ceux que tu m'as donnés, afin qu'ils soient un comme nous. » Tous doivent s'entasser dans un seul Dieu, selon les sectes (19). Ce serait le plus grand Dieu au monde. Il serait un Dieu merveilleusement grand – il serait un géant ou un monstre. Je veux vous lire le texte moi-même – « Je suis en accord avec le Père et le Père est en accord avec moi, et nous sommes en accord comme si nous n'étions qu'un. » Le grec montre ce qui doit être en accord. « Père,je prie pour ceux que tu m'as donnés du milieu du monde, et pas pour eux seulement, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous puissent être en accord, comme toi, Père, Tu l'es avec moi, et moi avec Toi, afin qu'eux aussi soient en accord avec nous (20) » et que tous viennent résider dans l'unité, et dans toute la gloire et les flammes éternelles des Dieux ; et alors nous verrons comme nous sommes vus, et nous serons comme notre Dieu et Lui, Il sera comme son Père. Je veux réfléchir un peu sur ce sujet. Je l'ai découvert en traduisant le papyrus qui est à présent chez moi. J'ai découvert un témoignage concernant Abraham, et il a réfléchi à propos du Dieu des cieux. « Pour ce faire, » dit-il « supposons que nous ayons deux faits, cela suppose qu'un autre fait peut exister (21) – deux hommes sur la terre, l'un plus sage que l'autre, cela devrait logiquement montrer qu'il peut en exister un autre plus sage que le plus sage. Les intelligences existent les unes au-dessus des autres, de sorte qu'il n'y a pas de fin pour elles. »
[15]    Si Abraham a réfléchi ainsi (22) – Si Jésus Christ était le Fils de Dieu, et que Jean ait découvert que Dieu le Père de Jésus-Christ avait un Père, vous pouvez supposer qu'Il avait également un Père (23). Où y a-t-il jamais eu un fils sans père ? Et où y a-t-il jamais eu un père qui n'ait pas été d'abord un fils ? Quand donc un arbre ou quoi que ce soit est-il venu au monde sans géniteur ? Et tout vient de cette façon-là. Paul dit que ce qui est est terrestre est à la ressemblance de ce qui est céleste ; donc, si Jésus avait un Père, ne peut-on pas croire que ce père avait aussi un père ? Je repousse l'idée qu'une telle doctrine puisse faire mourir de peur, car elle remplit la Bible.
[16]    Je veux que vous prêtiez une attention particulière à ce que je suis en train de dire. Jésus a dit que le Père a œuvré exactement de la même manière que Son Père avait fait avant Lui. Comme le Père l'avait fait auparavant. Il a donné Sa vie, et l'a reprise de la même manière que Son Père l'avait fait avant lui. Il a fait ce pour quoi il avait été envoyé, donner Sa vie et la reprendre ; et alors lui ont été confiées les clés, etc . Je sais que c'est une juste réflexion.
[17]    J'ai des raisons de penser que l'Église est en voie d'être purgée. J'ai vu Satan tomber du ciel, et la façon dont ils couraient était un avertissement. Tous ceci ne peut qu'enchanter et émerveiller nos yeux en ces derniers jours. Tant que les hommes sont sous la loi de Dieu , ils ignorent la peur – ils ne se terrorisent pas eux-mêmes.
[18]    Je veux m'en tenir à mes citations, pour montrer que lorsque les hommes ouvrent la bouche contre ces vérités, ce n'est pas moi qu'ils offensent, mais eux-mêmes. Pour la loi et pour le témoignage, car ces principes sont répandus partout à travers les Écritures. Quand des choses qui sont de la plus grande importance sont négligées par de petits esprits, sans qu'ils y accordent une pensée, je veux voir la vérité dans toute son étendue et la serrer contre ma poitrine. Je crois tout ce que Dieu a révélé à quelque moment que ce soit, et je n'entends jamais parler d'homme damné pour avoir trop cru ; mais ils sont damnés à cause de leur incrédulité.
[19]    Ils ont reproché à Jésus-Christ de dire qu'Il était le Fils de Dieu, et de Se faire l'égal de Dieu. Ils disent de moi, comme ils l'ont fait des apôtres d'autrefois, que je dois être abattu. (24) « N'est-il pas écrit dans votre loi :J'ai dit : Vous êtes des Dieux ?  S'Il a appelé Dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressée, et si l'Écriture ne peut être anéantie, de celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde, dites-vous : Tu blasphèmes ! Et cela parce que j'ai dit : Je suis le Fils de Dieu ? » C'est par son entremise qu'ils ont bu au rocher spirituel. Bien sûr, c'est à Lui-même que l'honneur en reviendrait. [Ô]Jésus, si ont été appelés Dieux ceux à qui la parole de Dieu fut adressée, pourquoi devrait-on considérer comme blasphème que je dise : « Je suis le fils de Dieu ? »
[20]    Oh, pauvres apostats aveugles ! n'avez-vous jamais pensé à cela auparavant ? Telles sont les citations que les apostats prennent dans les Écritures. Ils jurent croire en la Bible, au Livre de Mormon  et aux Doctrine et Alliances (25) et pour lors, vous n'obtiendrez d'eux qu'ordures, calomnie, et pléthore de faussaires. L'un des membres officiels de l'Église apostate a prophétisé que Joseph (26) ne prêcherait plus jamais, et pourtant je suis actuellement en train de prêcher.
[21]    Allez lire la vision dans le Livre des Alliances (27). Il y est clairement exposé gloire sur gloire – une gloire du soleil, une autre gloire de la lune, et une gloire des étoiles ; et comme une étoile diffère en gloire d’une autre étoile, ainsi, dans le monde téleste, l’un diffère en gloire de l’autre, et tout homme régnant dans la gloire céleste est un Dieu pour son domaine. En acceptant le témoignage des Doctrine et Alliances, les apostats se condamnent eux-mêmes. Paul, qu'en dites-vous ? Ils ont accusé Paul et tous s'en sont allés et l'ont abandonné. Paul avait sept églises, et ils l'ont exclu de leur sein ; et cependant, ils ne peuvent pas le faire de mon côté. Je m'en réjouis. Mon témoignage est juste.
[22]    Paul dit (28) : « Il y a une gloire du soleil, une autre gloire de la lune, et une gloire des étoiles ; car une étoile diffère en gloire d’une autre étoile.Ainsi en est-il de la résurrection des morts. » Ceux qui obtiennent une résurrection glorieuse d'entre les morts sont exaltés loin au-dessus des principautés, des puissances, des trônes, des dominations (29) et des anges, et ils sont déclarés expressément les héritiers de Dieu, et cohéritiers deJésus Christ (30), disposant tous d'une puissance éternelle.
[23]    Les Écritures sont un mélange de doctrines très étranges aux yeux du monde chrétien, qui est conduit à l'aveuglette par des aveugles. Je vais parler d'un autre passage des Ecritures. « Maintenant, » déclare Dieu quand Il s'est révélé à Moïse dans le buisson (Moïse était une espèce de garçon balbutiant (31), comme moi), Dieu a dit : « Tu seras un Dieu pour les enfants d'Israël. »   bbb (32a) |  (32b) aaa Dieu a dit : « Tu seras un Dieu pour Aaron, et il sera ton porte-parole. » Je crois en ces Dieux que Dieu révèle comme Des dieux pour être fils de Dieu, et qui, tous peuvent crier : « Abba, Père ! » (33) Fils de Dieu qui s'exaltent eux-mêmes à être des Dieux, dès avant la fondation du monde, et ce sont les seuls Dieux que je révère.
[24]    Jean a dit qu'il était roi. « Et de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né des morts, et le Prince des rois de la terre ! À celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, et qui a fait de nous des rois et des prêtres pour Dieu et Son Père, à lui soient la gloire et la puissance, aux siècles des siècles ! Amen ! (34) ». Oh ! Toi, Dieu, qui es le roi des rois, et le Seigneur des seigneurs (35), le monde des sectes, par leurs actions, déclare : « Nous ne pouvons pas croire en Toi. »
[25]    [«] Les vieilles traditions de l'Église catholique ont plus de valeur que tout ce que vous avez dit. [»] (36) C'est un principe logique que la plupart des hommes adoptent, par manque de bon sens (37). Je vais illustrer mon propos avec un vieux pommier. Voici qu'une branche s'en détache et dit : C'est moi le vrai arbre, et toi, tu es gâté. Si l'ensemble de l'arbre est endommagé, est-ce que ses branches ne sont pas gâtées ? Si la religion catholique est une religion fausse, comment une vraie religion peut-elle en sortir ? Si l'Église catholique est mauvaise, comment quelque chose de bon peut-il en sortir ? Le caractère des vieilles églises a toujours été calomnié par tous les apostats depuis que le monde a commencé.
[26]    Je le certifie encore une fois, aussi vrai que le Seigneur vit, Dieu ne reconnaîtra jamais aucun traître ni aucun apostat. Tout homme qui trahira les Catholiques vous trahira ; et s'il doit me trahir (38), il vous trahira. Tous ces hommes sont des menteurs, qui disent appartenir à la véritable Église sans les révélations de Jésus Christ et la prêtrise de Melchisédek, qui suit l'ordre du Fils de Dieu.
[27]    Il est dans l'ordre des choses célestes que Dieu envoie toujours une nouvelle dispensation au monde quand les hommes ont rejeté la vérité et perdu la prêtrise ; mais quand des hommes se présentent et construisent sur les fondations d'autres hommes, ils agissent sous leur propre responsabilité, sans mandat venant de Dieu ; et lorsque les inondations arriveront et que les vents souffleront, on verra que leurs fondations sont du sable, et tout leur agencement tombera en poussière.
[28]    Ai-je construit sur les fondations de quelque autre homme que ce soit ? J'ai reçu toute la vérité que le monde chrétien détenait, et une révélation indépendante par surcroît, et Dieu m'emportera triomphant. Je vais laisser ce sujet. Je souhaiterais pouvoir en parler pendant trois ou quatre heures ; mais ce n'est pas opportun à cause de la pluie : je voudrais tout de même continuer, et vous présenter des preuves les unes après les autres ; toute la Bible  soutient sans faille cette doctrine, une partie autant qu'une autre.
[Fin]    [En raison de la pluie, il fut impossible à Thomas Bullock d'aller au-delà dans sa transcription].

  ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ Notes ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
(1)  •   Pour le texte du discours, je me suis référé à History of the Church, volume 6, chapitre XXIII, pages 473 à 479 - que l'on peut trouver à cette adresse  [⇒] ;
NB- dans la suite de ces notes et dans les annexes, cet ouvrage est désigné par HoC ;
•  Pour ce qui est des notes prises par Thomas Bullock, on trouvera leur transcription à cette adresse  [⇒] (contrairement au discours du 7 avril, il ne semble pas que l'original de ces notes ait été mis en ligne).
NB- ci-dessous, ces notes sont désignées par NTB.
•  Sans revenir sur les considérations générales qui figurent dans l'Annexe I   [⇒] de la page consacrée au discours du 7 avril, rappelons seulement les difficultés particulières auxquelles la transmission de ce discours de juin a été confrontée :
 
  1.  les relations entre Mormons (de Nauvoo) et non Mormons (de l'Illinois et du Missouri) se sont encore détériorées depuis le mois d'avril, surtout avec l'affaire du Nauvoo Expositor  (dont on trouvera l'essentiel des tenants et aboutissants dans l'annexe I  [⇒]) ;
  2.  conséquence indirecte : alors le discours du 7 avril avait eu quatre scribes officiels, celui-ci n'en a eu qu'un : Thomas Bullock ; on a pu voir son efficacité, mais elle n'était pas à l'abri d'une éclipse ;
  3.  le passage des notes à la version définitive a, lui aussi, été différent ; le travail des quatre scribes avait été supervisé par John Taylor et William Phelps, au nom du Quorum des Douze ; ici, seul le rédacteur habituel de HoC  (Willard Richards, à cette époque) a pu intervenir, et encore certains éléments donnent-ils à penser que c'est Thomas Bullock qui a lui-même établi la version à imprimer (cf. op. cit., p. 473) ;
  4.  le dernier obstacle pourra être interprété diversement : la pluie a empêché Thomas Bullock de noter la fin du discours (les derniers mots du dernier sermon…), et il n'est pas impossible qu'elle l'ait plus ou moins gêné dans son travail auparavant.
NB- Joseph Smith prononcera encore un discours public, le 18 juin – mais en tant que Lieutenant-Général de la Légion de Nauvoo.
(2)    En plus des questions abordées dans la présentation de la page d'Accueil, les citations bibliques présentent deux aspects propres à ce discours :
  1. il arrive que T. Bullock ne note pas une citation en entier (laissant au rédacteur final le soin de la compléter) ; il n'est alors pas possible d'être sûr de chaque mot employé par l'orateur ;
  2. pour des raisons évidentes, le choix entre majuscules et minuscules n'est pas le fait de Joseph Smith, mais celui du rédacteur de HoC ; or il peut arriver que leur emploi soit signifiant (voir par exemple le deuxième paragraphe de la note (34)  ) ; dans ce cas, il faudra les considérer comme caractérisant la doctrine mormone en général plutôt que Joseph Smith lui-même.
(3)  (3)  (3)    La citation de HoC  suit mot pour mot le texte de la KJV, mais les notes prises par T. Bullock sont ici incomplètes et mélangent les chapitres 1 et 3.
NB– Le sujet de a fait  est Jésus, nommé au verset précédent.

La traduction n'est pas ici celle de Louis Segond, dont le vocabulaire diffère assez sensiblement de celui de la KJV.

Voici le texte grec de ce verset (texte original) :

discjuin-1-jpgSource : Myriobiblos ;
l'ensemble des textes
est disponible sur ce site  [⇒].
•  le quatrième mot peut se transcrire en alphabet latin par basiléian ; c'est un singulier signifiant royaume ou, par métonymie, roi ; Louis Segond et André Chouraqui ont choisi la première traduction, la KJV, la seconde, en mettant le mot au pluriel ;
•  le mot suivant, hiereis (au pluriel), se traduit généralement par prêtres (de quelque religion que ce soit) ; c'est cette traduction que l'on retrouve dans la KJV ; mais L. Segond traduit sacrificateur et A. Chouraqui, desservant ;
•  le texte grec et les deux traductions en français juxtaposent les deux mots ; la KJV les coordonne par and.

Au final,

  • Louis Segond écrit : et qui a fait de nous un royaume, des sacrificateurs pour Dieu son Père,
    à lui soient la gloire et la puissance, aux siècles des siècles ! Amen !
  • André Chouraqui traduit par et fait de nous un royaume et des desservants pour son Elohîms et père,
    à lui la gloire et le pouvoir pour les pérennités de pérennités. Amén.
NB- dans les deux cas, Dieu/Elohîms  et [Son] Père  désignent clairement la même personne.
  • Si l'on revient au texte grec, on peut observer qu'il y a un article (τω) devant Dieu (θεω) – comme c'est l'habitude en grec, mais pas devant Père (πατρι) ; sa présence est facultative, mais son absence donne plutôt à lire
    τω {θεω και πατρι αυτου}
    __soit quelque chose comme  à celui qui est {Dieu et père}
    (ce qu'André Chouraqui rend par le possessif commun : son {Elohîms et père}).
  • Le texte anglais est plus ambigu – du moins à l'oral : God and his Father ; à l'écrit, la minuscule de his peut suffire à indiquer qu'il s'agit du père de Jésus et non de celui de Dieu.
  • À l'opposé, l'édition des NTB  comporte ce sous-titre : God Above the Father of Jesus (= Dieu au-dessus du Père de Jésus) ; il faut alors supposer que αυτου (m.-à-m. [le père] de lui, équivalent de son  en français) se rapporte à Dieu, et non pas à Jésus ; en d'autres termes, la phrase considère trois personnages distincts : Jésus, Dieu (par ailleurs père de Jésus) et le père de Dieu, le God Above.
(4)    Ici encore, la citation suit mot pour mot le texte de la KJV, à la majuscule de Man  près. À la place de aux jours du Fils de l'Homme, on peut lire dans NTB  : lors de sa seconde venue (Joseph Smith et les siens croyaient au retour imminent de Jésus à Adam-ondi-Ahman – dans le Missouri – pour un règne de mille ans sur toute la Terre).
(5)    Le texte des NTB  est incomplet ; si le sens est évident, la structure grammaticale de la phrase est incertaine.
(6)    par les Aînés ne figure pas dans les NTB .
(7)    On pourra observer que (contrairement à ce qu'il fait pour l'Apocalypse  et l'évangile selon Luc ), l'orateur ne donne pas ici de référence précise pour la citation de Paul de Tarse.
(8)    Quand une virgule change tout... (et ce n'est pas Figaro qui me contredira). Les NTB  ont :
preach the doctrine there being a God above the Far. of our Ld. J. C.
= [mon but était de] prêcher la doctrine selon laquelle il y a un Dieu au-dessus du Père de notre Sgr J.C. ;
par contre, le texte de HoC  a :
preach the doctrine they contain, there being a God above, the Father of our Lord Jesus Christ.
= [mon but était de] prêcher la doctrine qu'ils contiennent, à savoir [qu'il y a] un Dieu au-dessus, le Père de NSJC ;
aa ce qui ramène à peu près à la doctrine chrétienne classique, et est en opposition avec le sous-titre du paragraphe dans NTB  (voir la note (3)  ), aussi bien qu'avec l'enseignement des premiers paragraphes du discours ; c'est pourquoi la traduction suit ici les notes du scribe.
(9)    Joseph Smith fait ici à nouveau référence à la première épître aux Corinthiens, chapitre 8, verset 5.
Autre merveille d'interprétation, qui fait l'objet de l'annexe II  ci-dessous.
(10)    Unlearned, dit Joseph Smith ; c'est cette allusion à son adolescence qui a orienté la conclusion  [⇒] de Bereshith
(11)   Transcription de Joshua Seixas. Voir dans la discussion sur Bereshith  une transcription plus classique  [⇒].
(12)    Le texte de Joseph Smith reprend ici (en un peu plus court) le paragraphe [19] du discours du 7 avril, mais il est difficile de déterminer ce que Joseph Smith a effectivement dit (ou redit), et ce que le rédacteur de HoC  a recopié de ce précédent discours ; en effet, dans NTB , on peut seulement lire :
Berosheit &c In the begin. rosheit–the head–it shod. read the heads of–to organize the Gods
= Berosheit etc. Au commenc. rosheit – la tête – cela dev. se lire les têtes de – pour organiser les Dieux

Les tirets indiquent que T. Bullock ne notait pas tout, le discours du 7 avril pouvant servir de référence (ou de réservoir). Mais il est étrange de retrouver dans le texte de HoC   Baurau signifie faire sortir – dont on a vu que c'était sans doute déjà un ajout extérieur dans ce premier discours.

Pour le reste, comme la page consacrée au discours du 7 avril contient une discussion détaillée  [⇒] de la façon dont Joseph Smith interprète le début du texte biblique, les notes ci-dessous ne commenteront que ce qui est nouveau ou différent dans cet ultime discours (à l'exception de l'auto-citation de la note suivante…)

(13)  (13)    (placentne bis repetita ? ) C'est un débat récurrent de l'exégèse biblique ; il suffit d'entrer Elohim  dans un moteur de recherche pour obtenir un nombre impressionnant de références. Sa discussion (le pluriel grammatical Elohim désigne-t-il un être unique ou multiple ?) pouvant difficilement éviter les considérations théologiques, il n'en sera pas question ici.
(14)    Cette expression (évidemment cruciale) n'apparaît pas dans les NTB  (qui ne contiennent rien de l'interprétation en anglais) ; mais William P. McIntire a relevé dans ses mémoires : By Referring to the 1st Gen. as in the original Hebrew—that it Read that in the Beginning the Head Gods organized the Earth & the heavens &c–
= En se référant au 1er chapitre de la Genèse comme dans l'Hébreu original, cela se Lisait que, au Commencement, les Dieux de Tête organisèrent la Terre et les cieux, etc.

Voir la note (23)  [⇒] de la discussion sur Bereshith  pour d'autres détails.

(15)    Ce paragraphe et le suivant citent quelques vers extraits de An Essay on Criticism,
d'Alexander Pope (poète anglais du XVIIIème siècle)
a a a
 A little learning is a dangerous thing.
Drink deep, or taste not the Pierian spring.
There shallow draughts intoxicate the brain,
And drinking largely sobers us up again.
(16a)    Dans NTB , il y a un blanc entre On lit  et Celui de tête. C'est donc lors de la réécriture du discours pour HoC  qu'a été ajoutée la citation en hébreu – à mauvais escient, puisqu'elle raconte la création du monde, alors qu'il est question maintenant de la création de l'homme.
(16b)    Comme on le sait, la Genèse  contient deux récits de la création :
q  au chapitre Ier, où le Créateur est appelé Elohim (traduit habituellement par ο θεος, Deus, Dieu, God, etc.) ;
w  le chapitre II reprend le premier avec quelques différences, dont le fait que le Créateur y est le plus souvent appelé YHVH Elohim (traduit par κυριος ο θεος, Dominus Deus, Le Seigneur Dieu, The LORD God, etc.).

Dans les deux cas, le récit est fait à la troisième personne du singulier (Dieu créa… le Seigneur Dieu dit… ).

À ces textes, le corpus mormon ajoute

e  la « retraduction inspirée » des premiers chapitres de la Genèse  que l'on trouve au début de la Perle de Grand Prix, aux chapitres 2 et 3 du Livre de Moïse ; le récit est fait à la première personne, Dieu racontant son œuvre à Moïse (Moi, Dieu, je fis... ) ;
r  la « traduction inspirée » d'un papyrus, formant les quatrième et cinquième chapitres du Livre d'Abraham   (également dans la PGP ) ; le récit est fait à la troisième personne, mais du pluriel (Eux, les Dieux, dirent… ).

Dans la transcription utilisée pour la discussion sur Bereshit, la phrase hébraïque (Livre de la Genèse, chapitre 1, verset 26) se lit :________vayamer elôhîm nošeh adam bεzel εmenu

que la KJV  traduit par____And God said, Let us make man in our image
ou, selon Louis Segond :__Puis Dieu dit : Faisons l'homme à notre image.
NB– l'emploi de la première personne du pluriel a donné lieu à un débat parallèle à celui de Elohim.

Complétons par les deux autres versions de la Perle de Grand Prix :

  • dans le Livre de Moïse  (chapitre 2, verset 26) :
    Puis moi, Dieu, je dis à mon Fils unique, qui était avec moi depuis le commencement : Faisons l'homme à notre image
  • dans le Livre d'Abraham  (chapitre 4, verset 26) :
    Et les Dieux tinrent conseil entre eux et dirent : Descendons et formons l'homme à notre image.

Deux observations :

  1.   un point de détail (quoique…) : en anglais comme en français, dans les traductions de la Bible  aussi bien que dans les deux « versions inspirées », homme  vaut pour l'espèce humaine (pas d'article en anglais, le   en français) – alors que, dans son discours, Joseph Smith emploie un article indéfini qui (paradoxalement) individualise l'être créé (a man  / un homme  ne peut désigner qu'Adam) ;
  2.   l'orateur introduit la phrase par Celui de tête des Dieux, qui n'a pas d'équivalent dans la Bible ; c'est ce qu'il avait tiré de Berosheit  au premier verset, et cela semble reprendre l'image du conseil des Dieux dans le Livre d'Abraham, ou la mention de Jésus dans le Livre de Moïse  – image et mention bien sûr absentes du Livre de la Genèse.
(17)  Comme HoC , les NTB  ont le pluriel heads, que l'on ne retrouve dans aucune des « interprétations » précédentes. Extension (par l'orateur) de la pluralité des Dieux ou confusion (de l'orateur ou du scribe) avec le pluriel Elohim ?
(18)    Les deux citations sont extraites du chapitre 17 de l'évangile selon Jean, verset 9 pour celle qui précède, verset 11 pour celle qui suit.
(19)    Joseph Smith regroupe dans le Sectarianism l'ensemble des églises chrétiennes face à l'Église mormone.
(20)    L'orateur reprend et réunit les deux citations précédentes, mais en remplaçant l'expression [to be] one de la KJV  par [to be] agreed.
(21)    Le texte that supposes another fact oblige à considérer that  comme un démonstratif (= cela ).
(22)    Il faut sans doute comprendre le tiret qui suit comme indiquant la conséquence/conclusion : alors.
(23)    Il s'agit donc du Père (supposé par le raisonnement d'Abraham) du Père (supposé par [Dieu et] Son Père  dans le verset cité de l'Apocalypse ) du Père de Jésus (Mon Père, selon sa formule habituelle) – en quelque sorte l'arrière-grand-père de Jésus dans cette généalogie divine.
(24)    Le discours reproduit la citation de l'évangile selon Jean, chapitre 10, versets 34 à 36, mot pour mot à ceci près :
  • la KJV  ne ne met pas de majuscule à gods (au pluriel) mais en met une à God (au singulier) ;
 le texte de l'Église de Grèce
___fait de même
___(source : Myriobiblos)
 discjuin-2-jpg
 
pareillement dans la traduction de Louis Segond et la plupart des autres, mais André Chouraqui écrit Elohîms
___dans un cas comme dans l'autre.
  • au verset 36, la KJV  emploie le présent hath, HoC, le prétérit had.
NB- Au début de ce texte, Jésus cite un extrait du Psaume 82, verset 6. Joseph Smith s'appuie donc ici sur un passage de la KJV  traduisant en anglais un passage de l'évangile selon Jean  qui rapporte en grec les paroles où Jésus, s'exprimant en araméen, cite un passage d'un Psaume écrit en hébreu.
(25)    Les NTB  mentionnent seulement the Bible & the Book of Mormon &c ; il est probable que l'allusion du paragraphe suivant aux Doctrine & Covenants  a conduit à les ajouter ici.
(26)    Les NTB  écrivent Jo Smith.
(27)    Il s'agit de la section 76 des Doctrine et Alliances . Seule la partie en caractères gras se trouve textuellement dans la section 76, au verset 98 ; les autres passages sont issus de divers versets (79, 96 et 98) ; pour l'origine biblique du texte en italiques, voir la note suivante.
(28)    La citation reprend la première épître aux Corinthiens, chapitre 15, verset 41 et début du verset 42. Louis Segond traduit le verset 41 par   Autre est l'éclat du soleil, autre l'éclat de la lune, et autre l'éclat des étoiles;
même une étoile diffère en éclat d'une autre étoile.
(29)    On retrouve ces expressions (dans un ordre différent) dans l'épître aux Colossiens, ch. 1, verset 16.
(30)    Cette citation reprend un passage de l'épître aux Romains, chapitre 8, verset 17.
(31)    Allusion au verset 10 du chapitre 4 du Livre de l'Exode  où Moïse dit à Dieu :
___ Ah! Seigneur, […] j'ai la bouche et la langue embarrassées.
(32a)    Si quelqu'un sait à quel texte précis se réfère cette citation, je compléterai cette note. La phrase semble une généralisation prophétique  des éléments qui suivent.
(32b)    Cette citation s'inspire du verset 16 du même chapitre 4 du Livre de l'Exode  de façon assez libre  – mais le contenu même de ce verset varie selon les traductions. Dans la KJV , on peut lire :
And he shall be thy spokesman unto the people: and he shall be, [even] he shall be to thee instead of a mouth, and thou shalt be to him instead of God.

On peut être surpris par la répétition de he shall be, adoucie (si l'on peut dire) par l'ajout de even ; elle correspond cependant au texte hébreu qui répète le verbe en séparant les deux occurrences par un pronom personnel emphatique.

Mais la traduction de la Septante, quant à elle, supprime cette répétition :
και αυτος σοι προσλαλησει προς τον λαον, και αυτος εσται σου στομα, συ δε αυτω εση τα προς τον Θεον

Comme dans la Septante, Louis Segond traduit par :
Il parlera pour toi au peuple; il te servira de bouche, et tu tiendras pour lui la place de Dieu.
et André Chouraqui écrit :
Lui, il parlera pour toi au peuple. Et c’est lui-même qui sera pour toi une bouche. Toi, pour lui, tu seras Elohîms.

L'interprétation traditionnelle est qu'Aaron parlera au peuple à la place de Moïse pour transmettre ce que Moïse lui dira à la place, au nom de Dieu  (instead of… / tiendras la place de… ). Pour Joseph Smith, l'ensemble de l'épisode fait de Moïse un autre Dieu (du moins en puissance).

(33)    L'expression se trouve dans l'épître aux Romains  (déjà citée), chapitre 8, verset 15, et dans l'épître aux Galates, chapitre 4, verset 6 ; Jésus lui-même l'emploie dans l'évangile selon Marc  (chapitre 14, verset 36), peu avant son arrestation au Mont des Oliviers.
(34)    (34)  Joseph Smith reprend ici les versets 5 et 6 du premier chapitre de l'Apocalypse, dont il avait déjà cité un extrait au tout début de son discours (voir plus haut la note (3)  ). Ici encore, le texte suit littéralement la KJV, à deux exceptions près :
  1. sans doute par erreur de lecture, le discours a Us to Him, face à Unto him dans la KJV  ;
  2. la transcription du discours utilise les majuscules plus généreusement que la KJV  ; en fait, cette dernière ne les emploie que pour Dieu (le Père), alors que le texte dans HoC  y recourt également pour Jésus.
(35)    Cette expression apparaît
  1. sous des formes légèrement différentes
    _____dans le Deutéronome  (chapitre 10, verset 17) et l'Apocalypse   (chapitre 17, verset 14) ;
  2. sous la forme exacte citée par l'orateur
    _____dans la première épître à Thimothée  (chapitre 6, verset 15) et encore l'Apocalypse  (chapitre 19, verset 16) ;
    André Chouraqui traduit par   Il a sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit : « Roi des rois, Adôn des Adônîm. »
(36)    On doit certainement attribuer cette phrase (comme celle qui termine le paragraphe précédent) aux adversaires de l'orateur, qui le désignent ici par vous.
(37)    La structure grammaticale de la phrase n'est pas évidente.
  • Dans les NTB : here is a princ. of logic–that men have no more sense–I will […]
    = voici un principe de logique – que les hommes n'ont plus de [bon] sens. Je veux  […]
    that paraît être une conjonction (= à savoir que  ou peut-être en sorte que ) ;
  • mais l'ajout de than dans HoC  change la donne :
    principle of logic that most men have no more sense than to adopt no more […].
(38)    NTB  : s'il doit trahir quelqu'un d'autre.

 

Annexe I : avant et après le discours

 
Note préliminaire – Les deux principales sources d'information sont
  1. déjà citée, History of the Church  (Histoire de l'Église ), rédigée entre 1839 et 1856, dont le narrateur formel (du moins jusqu'au 22 juin 1844) est le plus souvent Joseph Smith, mais qui a été écrite pour l'essentiel par les clerks  nommés à cet effet (Willard Richards, notamment) ; comme précédemment, elle est désignée ici par HoC  ;
  2. An History of Illinois  (Une Histoire de l'Illinois ), écrite par Thomas Ford (qui était gouverneur de l'État lors des événements) et publiée en 1854.

    Elle est désignée ci-dessous par HIll, et peut être consultée (ou téléchargée) à cette adresse  [⇒]. On trouvera une traduction (annotée) de divers extraits de cet ouvrage ici même, dans cette page.  [⇒]


début mai  – 
Création à Nauvoo d'un journal appelé Nauvoo Expositor par des opposants aux Mormons (dont plusieurs apostats,  pour reprendre la terminologie de l'Église) ; publier un journal suppose non seulement de rassembler une équipe de journalistes mais aussi de disposer d'une presse pour l'imprimer.
mi-mai  – 
Distribution, par l'équipe du Nauvoo Expositor, de tracts annonçant le premier numéro.
20 mai  – 
Joseph Smith doit se présenter devant le tribunal d'arrondissement (Circuit Court ), accusé de faux témoignage, d'adultère et de polygamie ; l'un des témoins étant absent, le procès est renvoyé à la session suivante. Il s'agit d'une affaire distincte mais plus ou moins liée au journal, puisque les accusateurs (dont R. D. Foster) et les accusations se retrouveront dans le journal.
7 juin  – 
Publication du premier (et unique) numéro du Nauvoo Expositor, très critique envers l'Église et son Prophète, notamment en ce qui concerne la polygamie.
8 juin  – 
Le Conseil municipal de Nauvoo (dans lequel se retrouvaient notamment Hyrum Smith, par ailleurs Patriarche   de l'Eglise, John Taylor ou encore Willard Richards, tous deux membres du Quorum des Douze Apôtres ) déclare que le journal porte atteinte à l'ordre public (a public nuisance ) et ordonne qu'il soit réduit au silence ; le même jour, Joseph Smith, en tant que maire de Nauvoo, donne au Marshal  l'ordre de détruire la presse ainsi que les exemplaires déjà imprimés et le reste du matériel.
10 juin  – 
Les hommes du Marshal , aidés par un certain nombre de simples citoyens, sortent la presse des locaux du Nauvoo Expositor  et la détruisent ; les locaux eux-mêmes sont endommagés ; cet acte constituera un point de non retour, sans doute déterminant dans la tragédie qui aboutira à la mort de Joseph et Hyrum Smith ;
a  la réaction est violente dans les villes voisines de l'Illinois (notamment Carthage, à une trentaine de kilomètres, chef-lieu du comté de Hancock dont fait partie Nauvoo) et même du Missouri ;
a  un juge de Carthage, Thomas Morrison, émet un mandat contre Joseph Smith et dix-sept autres Mormons pour avoir «  fomenté une émeute » (commit a riot ) – celle au cours de laquelle le matériel du Nauvoo Expositor  a été détruit (a).
11 juin  – 
Proclamation de Joseph Smith (en tant que maire), appelant les citoyens de Nauvoo à l'aider à maintenir l'ordre public et dénonçant les calomniateurs et fauteurs de troubles
12 juin  – 
Joseph Smith est arrêté à Nauvoo, suite au mandat du juge Morrison ;
a  dans l'après-midi, le tribunal municipal de Nauvoo demande sa remise en liberté.
13 juin  – 
Le même tribunal (présidé par Joseph Smith en tant que Chief-Justice ), prend une ordonnance d' habeas corpus  rendant leur liberté au même Joseph Smith et à ses co-prévenus ;
a  dans la journée, à Cartage, rassemblement hostile aux Mormons.
14 juin  – 
Joseph Smith et plusieurs de des amis (dont Sidney Rigdon) envoient des courriers au gouverneur de l'Illinois, Thomas Ford, pour justifier la destruction du Nauvoo Expositor  et plaider leur cause.
———– 
La suite est postérieure au discours, mais plusieurs événements peuvent en être considérés comme
___une conséquence plus ou moins directe.
16 juin  – 
Joseph Smith envoie un second courrier au gouverneur Ford pour lui demander de venir et d'intervenir ;
a  plusieurs délégations de Mormons sont envoyées de Nauvoo dans les villes alentours ;
a  nouvelle proclamation de Joseph Smith (en tant que maire) défendant son action et celle des Mormons.
17 juin  – 
Dans la matinée, Joseph Smith et ses co-prévenus sont à nouveau arrêtés (pour les mêmes motifs que le 12 juin), cette fois en vertu d'une ordonnance du juge Daniel Wells, de Nauvoo ;
a ils sont relâchés après l'audience tenue durant l'après-midi par le même juge Wells ;
a selon certaines sources, des armes seraient acheminées du Missouri à Carthage et le sentiment anti-mormon grandirait  ;
a un comité de citoyens de Carthage demande au gouverneur Ford d'envoyer la troupe à Nauvoo pour y faire respecter la loi ;
a Joseph Smith place en alerte la police municipale et la Légion de Nauvoo.
18 juin  – 
Joseph Smith (en tant que maire) déclare la loi martiale, dont Joseph Smith (en tant que Lieutenant Général de la Nauvoo Legion ) supervise l'application (b)
21 juin  – 
Au matin, le gouverneur Ford arrive à Carthage et adresse une lettre à Joseph Smith lui demandant de lui envoyer des messagers chargés de présenter ses arguments ;
a  sous la direction du maire, le Conseil municipal rédige sa réponse au gouverneur.
22 juin  – 
John Taylor et le Dr Bernhisel vont à Carthage présenter au gouverneur les réponses demandées ; Taylor a le sentiment que l'accueil qui leur est réservé est de mauvais augure et que le gouverneur semble avoir déjà prêté une oreille complaisante à leurs adversaires ;
a  la réponse de Thomas Ford est une lettre aussi détaillée que critique (c) ;
a  Joseph Smith lui répond à son tour, à partir de considérations juridiques et politiques (d) ;
a  pendant la soirée, le Prophète  semble hésiter sur la conduite à tenir : aller plaider sa cause devant le Président des Etats-Unis ? se constituer prisonnier ? gagner du temps ?
23 juin  – 
Aux premières heures, Joseph et Hyrum Smith embarquent et traversent le Mississippi (le fleuve) pour se réfugier dans l'Iowa, où ni le juge Morrison ni le gouverneur Ford ne peuvent les poursuivre ;
a  en début de matinée, un détachement arrive à Nauvoo pour arrêter les frères Smith ; ne les trouvant pas (e), il repart pour Carthage ;
a  en début d'après-midi,Joseph Smith reçoit une lettre de son épouse Emma lui demandant instamment de revenir à Nauvoo et de se livrer aux soldats ; d'autres Mormons l'accusent de les avoir abandonnés lâchement (parlant de cowardice ) ;
a  Joseph Smith écrit alors au gouverneur, s'engageant à se rendre le lendemain à Carthage s'il recevait l'assurance d'être protégé et de bénéficier d'un procès loyal ;
a  il écrit également à deux avocats pour leur demander de venir assurer sa défense ;
a  au milieu de l'après-midi, Joseph et Hyrum regagnent Nauvoo ;
a  dans le même temps, ses messagers sont reçus (très froidement, selon eux) par le gouverneur qui refuse d'envoyer des soldats pour escorter Joseph et Hyrum Smith ;
a  par ailleurs, le gouverneur ordonne à la Légion de Nauvoo de rendre ses armes (du moins celles que l'État lui avait prêtées, comme il le faisait pour toutes les milices municipales reconnues).
24 juin  – 
Tôt le matin, les dix-huit prévenus quittent Nauvoo pour Carthage ;
a  arrivés à quelques kilomètres de Carthage, ils rencontrent un groupe de soldats envoyés par T. Ford pour aller à Nauvoo récupérer les armes ; Joseph Smith retourne alors à Nauvoo pour cette opération – qui a lieu l'après- midi ;
a  en fin d'après-midi, Joseph Smith repart avec ses compagons et les soldats pour Carthage, où ils arrivent dans la soirée.
25 juin  – 
Au matin, le gouverneur Ford ayant donné sa parole qu'il les protégerait, Joseph Smith et les autres prévenus se constituent prisonniers ; ayant reconnu les faits, ils sont placés en liberté surveillée ;
a  quelques heures plus tard, Joseph et Hyrum Smith font l'objet d'une seconde accusation, de trahison  cette fois (à propos de la loi martiale, voir la fin de la note (c)  ) ;
a  en fin de matinée, Joseph Smith et plusieurs de ses compagnons accompagnent le gouverneur jusqu'à son quartier général, où sont réunis les soldats et les Gris  (f) ;
a  en début d'après-midi, Joseph Smith envoie à son épouse Emma une lettre qu'il veut rassurante  ;
a  un autre juge (Robert F. Smith, par ailleurs capitaine dans la milice des Gris  et sans lien de parenté avec la famille du Prophète ) reprend à son compte les accusations du juge Morrison et fixe à sept mille cinq cents dollars la caution globale pour les quinze prévenus ; la somme ayant pu être réunie, le juge Smith renvoie l'affaire à l'audience générale et les prévenus, dans leurs foyers ;
a  en début de soirée, la majeure partie des accusés repart pour Nauvoo, tandis que les deux frères Smith ont un entretien avec le gouverneur ;
a  vers huit heures du soir, le chef de la police vient leur signifier une décision les plaçant en détention (a mittimus ) prise par le juge Smith ;
a  malgré leurs protestations (g) et comme le gouverneur refuse d'intervenir dans ce qu'il considère comme une affaire judiciaire, ils sont conduits dans la prison de Carthage et placés au premier étage dans l'appartement des débiteurs.
26 juin  – En cours de matinée, le gouverneur Ford se rend à la prison et s'entretient pendant plus d'une heure avec Joseph Smith et ses amis ; résultat mitigé ;
NB- étrangement, HIll ne contient aucune mention de cet entretien, ni des deux précédents.
a  dans l'après-midi, tractations entre le gouverneur, le juge Robert Smith, le gardien de la prison et les prisonniers ; finalement, ces derniers sont conduits devant le juge Smith, qui convoque les témoins et fixe l'audience au lendemain ; les prévenus sont renvoyés en prison et placés d'abord en cellule, puis dans la pièce qu'ils occupaient la veille ;
a  dans la soirée, le gouverneur fait savoir qu'il compte se rendre le lendemain à Nauvoo avec ses soldats (sauf une cinquantaine chargés de la protection de prisonniers) ; le juge Smith reporte l'audience au 29 juin ;
a  les cinq de Nauvoo (Joseph et Hyrum Smith, John Fullmer, Dan Jones et Willard Richards) passent la nuit dans la prison.
27 juin  –
[à Carthage]
 
HoC  fait état de diverses menaces de mort contre les prévenus et mentionne que Dan Jones en a fait part au gouverneur, qui s'est montré évasif.
NB– c'est cette erreur de jugement  qui sera reprochée à Thomas Ford ; HIll confirme l'existence de menaces, mais en insistant sur le fait qu'elles provenaient d'individus isolés.
a  En début de matinée, Joseph Smith dicte une lettre destinée à Emma (ce sera la dernière) (h) ;
a  en fin de matinée, le gouverneur Ford renvoie dans leurs foyers les deux tiers de ses troupes et part pour Nauvoo avec les soldats restants, laissant les prévenus à la garde des Gris.
NB1- Thomas Ford écrit avoir d'abord voulu emmener les prévenus avec lui, mais que ses officiers l'en ont dissuadé (sans préciser ni ses raisons ni les leurs) ;
NB2- il a bien sûr été vivement reproché au gouverneur d'avoir laissé les prévenus à la garde des Gris, qui leur étaient notoirement hostiles ; ce à quoi il a répondu que les autres soldats ne l'étaient pas moins, et que, de plus, le choix de soldats extérieurs à Carthage aurait posé des problèmes d'intendance.
a  en chemin, un officier le prévient qu'il a entendu, avant de quiter Carthage, des hommes parler d'attaquer la prison  ; Ford décide de maintenir son voyage, en limitant toutefois au strict minimum la durée de son séjour à Nauvoo.
NB- dans HIll, le gouverneur écrit avoir été persuadé que des émeutiers n'iraient pas attaquer la prison pendant qu'il se trouvait à Nauvoo puisque ce serait « mettre [s]a vie et celle de [s]es compagnons en danger de subir les représailles des Mormons à l'annonce de la mort de leurs chefs » ; plus loin, répondant implicitement à ceux qui pouvaient le trouver bien naïf, il ajoute : « Je pense encore que cela a dû m'apparaître comme une supposition raisonnable. »
a  Cyrus H. Weelock, un missionnaire mormon, obtient un laissez-passer pour rencontrer les prévenus et profite de circonstances « providentielles » pour remettre à Joseph Smith un pistolet à six coups ; Joseph Smith donne alors à son frère Hyrum le pistolet que lui avait apporté John Fullmer ;
a  les prévenus dressent la liste des témoins à faire venir pour l'audience du 29 puis Joseph Smith raconte le rêve qu'il a fait la nuit précédente, où il se revoyait dans sa vieille ferme  de Kirtland ;
a  pour le repas de midi, restent dans la prison Joseph et Hyrum Smith, John Taylor, Willard Richards (comme secrétaire) et Stephen Markham (comme garde du corps) ;
a  en début d'après-midi, Markham (qui dispose lui aussi d'un laissez-passer) est chargé d'aller chercher des médicaments pour W. Richards ; mais à son retour, les Gris  lui barrent le passage et l'obligent à partir en direction de Nauvoo ;
a  un peu après, relève de la garde ; ne restent autour de la prison que huit Gris ;
a  vers 17 heures, le gardien de la prison revient, avec son assistant ; ce dernier demande un dollar pour aller acheter une bouteille de vin et un peu de tabac ; Joseph Smith le lui donne ; au retour, Joseph Smith, J. Taylor et W. Richards goûtent le vin, puis rendent la bouteille au gardien, qui est alors appelé au rez-de-chaussée ;
a  à ce moment, cent cinquante à deux cents hommes venus de Warsaw (une autre ville du comté, très hostile aux Mormons) attaquent la prison ; les Gris  tirent pour se dégager, mais sont vite écartés ;
NB- selon T. Ford, il était convenu avec les émeutiers que les fusils seraient chargés à blanc, et que les soldats se disperseraient rapidement.
a  pendant que plusieurs assaillants tirent à travers les fenêtres, un premier groupe force l'entrée de la prison et monte jusque sur le palier du premier étage, d'où certains tirent à travers la porte ;
a  Hyrum Smith, qui était resté face à la porte, est tué de plusieurs balles dont la première l'atteint en plein visage, avant qu'il ait utilisé son pistolet ;
a  les trois autres prisonniers s'étaient écartés de la porte ; Joseph Smith s'en approche par le côté, l'entrouvre et vide son pistolet à travers l'interstice ; John Taylor tente de s'échapper par la fenêtre mais est atteint par une puis plusieurs balles, et doit se réfugier derrière le lit ;
a  après avoir vidé son arme, Joseph Smith commence à enjamber la fenêtre quand deux balles tirées depuis la porte le font basculer dans le vide ; selon ses compagnons, ses derniers mots sont « O Seigneur, mon Dieu ! » (O Lord, My God ! ) (I) ; Willard Richards, lui, n'est qu'égratigné par une balle ;
a  des assaillants entrent dans la pièce mais, ne voyant que le cadavre de Hyrum Smith, quittent la prison ;
a  peu après, quelqu'un crie « Les Mormons arrivent ! », et les émeutiers se dispersent.
[à Nauvoo]  
Pendant ce temps, arrivé à Nauvoo vers 16 heures, le gouverneur Ford a tenu un discours dans l'esprit de sa lettre du 22 juin, suscitant des réactions plutôt hostiles dans son auditoire ;
a  ensuite, il a traversé la ville avec ses troupes puis, en fin d'après-midi, est reparti pour Carthage où il arrive en début de nuit, après avoir été avisé de l'attaque de la prison ;
28 juin  – 
L'annonce de la mort des frères Smith suscite peur ou panique chez les non Mormons du comté, persuadés qu'ils vont faire l'objet de représailles ; nombre de Carthaginois quittent la ville pour se mettre à l'abri ;
a  le gouverneur Ford décide de se retirer à Quincy (chef-lieu du comté voisin, moins impliqué dans cette nouvelle guerre mormone  ) ;
NB1- les Mormons interpréteront ce départ comme une fuite ;
NB2- renversant son raisonnement de la veille, T. Ford pense maintenant que les émeutiers ont agi délibérément pendant qu'il était à Nauvoo, avec l'espoir que les Mormons le tueraient pour se venger – ce qui leur aurait permis de se débarrasser d'un seul coup des Mormons et du gouverneur ; il estime donc ne pouvoir s'appuyer ni sur les Mormons ni sur leurs adversaires.
aJ. Taylor et W. Richards appellent les habitants de Nauvoo à rester chez eux ;
a  dans la matinée, les corps de Joseph et Hyrum Smith sont ramenés à Nauvoo ; la famille et les proches de deux frères veillent leurs dépouilles durant l'après-midi et la soirée
29 juin  – 
Le matin, les habitants de Nauvoo rendent hommage aux deux morts ;
a  vers midi, les deux corps sont enterrés dans des sépultures dissimulées, où ils resteront plusieurs mois.
octobre  – 
Revenu à Carthage, le gouverneur Ford essaie de faire arrêter et juger les meurtriers ; il franchit la première étape, mais ne peut qu'entamer la seconde : faute de preuves avérées (le principal témoin de l'accusation, devenu Mormon, assurait avoir vu une colonne de lumière entourer Joseph Smith ; par ailleurs, les émeutiers s'étaient noirci le visage, et aucun n'avait bien sûr été arrêté sur place) et avec un tribunal sous pression (les adversaires des Mormons, cernant la salle d'audience, avaient imposé un jury à leur convenance), un premier procès acquitte les accusés et un deuxième fait long feu.
novembre  – 
Symétriquement, un jury favorable aux Mormons acquitte les prévenus survivants dans l'affaire de la destruction de la presse du Nauvoo Expositor.
1845  – 
Mais cela ne suffit pas à ramener la paix, et les anti-Mormons continuent à réclamer l'expulsion de leurs adversaires (refusée par le gouverneur Ford).
1846  – 
Augustus French est élu pour succéder à Thomas Ford comme gouverneur de l'Illinois.
a  La majeure partie des Mormons de Nauvoo, sous la direction de Brigham Young (qui a succédé à Joseph Smith), prend la route de l'ouest ; elle ira jusqu'aux terres (extérieures aux États-Unis, à l'époque) qui recevront le nom de Salt Lake Valley  puis, après leur intégration dans l'Union, d'Utah.

  
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ Notes ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

(a)    De façon assez surprenante, le juge Morrison conclut sa décision en ordonnant :
___bring them before me or some other justice of the peace (= les amener devant moi ou un autre juge de paix)
sans préciser de quel juge il pouvait (ou ne pouvait pas) s'agir ; Joseph Smith et les siens s'appuieront sur cette phrase pour justifier leur recours à un juge de Nauvoo (Daniel Wells), interprétation partagée (selon HoC  par le juge Jesse Thomas, que le gouverneur Ford avait nommé peu de temps auparavant à la Cour Suprême de l'Illinois.
(b)    Cette décision entraînera un second chef d'inculpation contre Joseph Smith (cf. fin de la note suivante).
(c)  (c)    La lettre reproche notamment à Joseph Smith
  • le 10 juin, d'avoir attenté à la liberté de la presse et de ne pas avoir respecté les droits constitutionnels des propriétaires du journal ; dans HIll, le gouverneur parle de procédure partiale, à moitié civile et à moitié ecclésiatique ; pour le juriste de profession qu'était Thomas Ford, en condamnant et punissant non pas les propriétaires du Nauvoo Expositor  mais directement leur matériel, le Conseil municipal de Nauvoo devait renouer avec les habitudes connues en Europe au Moyen-Âge, où l'on jugeait (et exécutait) des animaux ; mais si on anticipe dans le jeu des principes à géométrie variable  qu'illustre la note (g), on peut constater que Thomas Ford avait montré nettement moins d'ardeur à défendre la liberté de la presse dans son compte-rendu des tentatives (malheureuses) du pasteur Elijah Lovejoy de faire paraître à Alton, en 1837, un journal réclamant l'abolition de l'esclavage (le récit complet de l'affaire par T. Ford est traduit ici même dans cette page  [⇒]) ;
  • les 12 et 13 juin, d'avoir substitué la justice municipale à celles du comté et de l'État (la présentation générale des Mormons qu'il propose dans son HIll insiste déjà sur le fait qu'à ses yeux, la Charte municipale accordée à Nauvoo permettait en fait à la ville de se soustraire aux lois fédérales ou à celles de l'État – à l'exception de leurs Constitutions) ;
  • après le 18 juin, d'avoir détenu contre leur volonté et sans jugement plusieurs citoyens (étrangers à Nauvoo mais présents dans la ville lors de la proclamation de la loi martiale) et, en décrétant la loi martiale pour que la Nauvoo Legion  puisse le protéger contre toute intervention des forces de l'ordre ou des soldats de l'État, de s'être rendu coupable de rébellion militaire.
NB- Selon le gouverneur, les deux dernières accusations demandaient à être confirmées – ce qui sera fait implicitement le 24 juin quand Augustine Spencer portera plainte contre Joseph Smith pour trahison.
(d)    Cette lettre mériterait une étude particulière, tant elle semble révéler la complexité de l'esprit de Joseph Smith, en même temps que la situation dramatique dans laquelle il (s')était enfermé.
(e)    D'après HIll, les adversaires des Mormons ont peu fait pour les trouver, comptant s'appuyer sur cet échec pour exiger l'envoi de la troupe à Nauvoo ; mais le gouverneur manquait de soldats et (assure-t-il) souhaitait profiter de ce délai pour résoudre la crise en évitant la guerre, si la guerre pouvait être évitée.
(f)    The Grays  (comme écrit dans HIll ) ou The Greys  (comme écrit dans HoC ) formaient, à Carthage, une milice municipale un peu comparable à la Légion de Nauvoo  (en nettement moins « professionnel »).
(g)  (g)    On peut lire, dans HoC, cette accusation contre le juge Smith :
Captain Smith therefore commanded his "greys" to execute and carry into effect his illegal mittimus as a magistrate, thus practically blending the civil and military in the same person at the same time;
= Le capitaine Smith a cependant commandé à ses Gris  de mettre à exécution et en vigueur ce mittimus  illégal, mêlant ainsi en fait le civil et le militaire en une même personne à un même moment

Il y a là quelque chose de douloureusement ironique, quand on se rappelle que Joseph Smith, Prophète-Président de l'Église mormone, était aussi maire de Nauvoo, chief-justice  du tribunal municipal et Lieutenant-Général de la Légion. Mais on pourra également retourner l'ironie contre Thomas Ford, qui (dans sa lettre du 22 juin) reprochait à Joseph Smith de confondre pouvoirs législatif et exécutif, et refusait ici de prendre parti. Dans la même veine, HoC  accuse le juge Robert Smith d'avoir placé les prévenus en détention avant même qu'ils n'aient été entendus sur le fond – cela même que le gouverneur reprochait à Joseph Smith dans les accusations liées à la loi martiale.

(h)    Quelques heures plus tard, il ajoutera un post-scriptum et (chose exceptionnelle) quelques lignes rédigées de sa propre main – qui ne sont pas consignées dans HoC.
(i)    Plusieurs (dont John Taylor) ont vu dans ces mots le début du « Grand Cri d'Appel de Détresse » des Francs-Maçons : « O Seigneur, mon Dieu, n'y a-t-il personne pour aider le fils de la veuve ? » ; Joseph Smith père et Hyrum étaient entrés en loge alors que la famille habitait encore Palmyra ; plus récemment, en 1840, les Mormons avaient fondé une Loge à Nauvoo, et en 1842, Joseph Smith était devenu Maître Maçon. Ce qui n'empêchait pas que l'on ait trouvé des Mormons (Martin Harris en tête, et Joseph Smith lui-même, parfois) dans les campagnes les plus violentes contre la Maçonnerie, ni qu'à l'inverse, plusieurs des émeutiers de Carthage aient eux-mêmes été des Francs-Maçons.

 

Annexe II : des dieux païens ou chrétiens ?


Voici le texte grec de ce passage de la première épître aux Corinthiens  (version la plus « originale » dont nous disposions, ici aussi)

a a a

(source : Myriobiblos )
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Traduction de la KJV :

4  As concerning therefore the eating of those things that are offered in sacrifice unto idols, we know that an idol is nothing in the world, and that there is none other God but one.
5  For though there be that are called gods, whether in heaven or in earth, (as there be gods many, and lords many)
6  But to us there is but one God, the Father […]

Traduction de Louis Segond :

4  Pour ce qui est donc de manger des viandes sacrifiées aux idoles, nous savons qu'il n'y a point d'idole dans le monde, et qu'il n'y a qu'un seul Dieu.
5  Car, s'il est des êtres qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, comme il existe réellement plusieurs dieux et plusieurs seigneurs,
6  néanmoins pour nous il n'y a qu'un seul Dieu, le Père […]

et d'André Chouraqui :

4  Donc, pour la manducation de ce qui est sacrifié aux idoles, nous savons qu’il n’est aucune idole dans l’univers, et qu’il n’est aucun Elohîms, sinon le seul.
5  Oui, s’il en est même qui sont dits dieux soit au ciel, soit sur la terre, ils sont alors nombreux, les dieux, et nombreux, les seigneurs.
6  Mais pour nous il n’est qu’un seul Elohîms, le père […]

  
L'interprétation chrétienne  traditionnelle des traductions ci-dessus s'appuie
a  sur le verset 4 pour affirmer que Paul parle ici des dieux païens (ειδωλον, idols, idoles ), renforcé par l'allusion aux sacrifices et à leur consommation (βρωσεως των ειδωλοθυτων, eating of those things that are offered in sacrifice, manger des viandes sacrifiées ou la manducation de ce qui est sacrifié ) ;
a  au verset 5, sur les précautions de langage que représentent λεγομενοι (= that are called, qui sont appelés, qui sont dits, en d'autres termes les prétendus dieux) et la proposition comparative (commençant par ωσπερ = de même que, en quelque façon), dont l'effet est souligné par les parenthèses et la forme be  en anglais, par la tournure ils sont alors… chez A. Chouraqui ;
a  au verset 6, sur la profession de foi monothéiste figurant au début du verset, comprise comme
pour nous [en tant que chrétiens], Dieu seul doit être adoré [parce qu'il n'y a pas d'autre Dieu que Lui].
L'interprétation de Joseph Smith est bien sûr totalement différente :
a  pour le verset 4, il conteste toute allusion au paganisme au paragraphe [9] de son discours :
j'atteste que Paul n'avait fait aucune allusion à des dieux païens. Je le tiens de Dieu.
___Que pèsent en effet l'analyse ou l'étude d'un manuscrit face à une confidence divine ?
a  pour le verset 5, λεγομενοι  et ωσπερ  passent à la trappe :
« Paul dit qu'il y a des Dieux en nombre et des Seigneurs en nombre » (début du paragraphe [7]) ;
a  le début du verset 6 signifie donc que
pour nous [en tant qu'habitants de la Terre], Dieu seul doit être adoré [parce que c'est à lui que notre planète a été assignée par le Dieu de Tête, et que nous n'avons rien à faire des Dieux régnant ailleurs].

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