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Oyiwen ed tanemert_______Page mise à jour le 12 mars 2018 vers 00h00 TUC    

Les traductions de l'extrait de l'Appel du Général Smith…  et de sa réponse parodique  sont à cette adresse  [⇒].
 

Poème satirique


  

Traduction (assez succinctement annotée) d'un « poème » publié dans le Warsaw Message  du 7 février 1844.

Le texte original est présenté en ces termes : Sa versification n'est pas parfaite, mais il contient un certain nombre de traits du Prophète, des Apôtres et de leurs pratiques que la plupart des lecteurs comprendront.

L'article du journal est anonyme, mais certaines sources l'attribuent à William Law (dont il est question, par exemple, dans le livre de Joseph Jackson ou dans le discours du 26 mai 1844, en particulier dans cette note  [⇒]).
NB1– On peut trouver l'original sur le site d'Oncle Dale, à cette adresse  [⇒].
NB2– La traduction reproduit l'usage des majuscules et des italiques de l'original.
NB3– Sa versification n'est pas parfaite : s'il est un point sur lequel la traduction est bien fidèle à l'original, c'est sans doute celui-là. Les vers impairs sont des alexandrins, mais il arrive que le e muet  doive être élidé à la césure ; les vers pairs sont généralement des décasyllabes (4+6), mais certains n'ont que huit ou même six syllabes.


Les illustrations
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po-me-1
Les auteurs en sont_________Marek Szczepanek___________Ludwig Voltz _____J. Dietrich & Bogbumper

 
  

LE POÈME

Monsieur, si vous le jugez bon, vous pouvez publier les vers ci-joints dans votre journal ; c'est une vraie « farce en faits », mais il est d'autant plus nécessaire de les publier qu'il serait temps que tous sachent qu'il y a des centaines et des milliers de gens à Nauvoo qui ne veulent ni adorer l'image  ni supporter le joug du tyran.

 La Complainte de Mâlo  (1) qui ne veut plus d'épouses
 
1.
Je me croyais jadis rempli d'érudition,

Mais à présent, me voilà tout petit ;

Je me croyais (aussi) fort d'une Religion,

Mais à présent, m'en voilà démuni –

Car mon petit royaume a une seule reine,

Et ne peut aller au-delà ;

Or la doctrine est claire : aucun salut pour moi,

À moins d'en avoir la dizaine !


2.
Oh ! Cette PORTE ÉTROITE (2) où Pierre était commis (3)

Depuis des temps immémoriaux,

La voilà condamnée depuis qu'il a remis

Ses lourdes clés à notre IMBERBE (4)Joe.

Et Joe de proclamer que ce n'est pas assez,

Que cela crée beaucoup trop de retard,

Et qu'il a obtenu la permission sacrée

D'ouvrir un BOULEVARD.


3.
La porte étroite allait presque à la perfection

Lorsque Pierre, ou Jacques, ou bien Jean,

Faisaient marcher les Saints sur les sentiers de Sion

En FILE INDIENNE, après le précédent ;

Quand les célibataires, imitant le vieux Paul,

Pouvaient gagner le prix si glorieux

Et que les vieilles FILLES, sans jouer les vierges folles,

Atteignaient les « demeures dans les cieux. »


4.
Mais des enseignements nouveaux nous sont venus

De grandes gloires au fond de l'univers ;

Qu'une GLOIRE ISOLÉE (5) n'apporte rien de plus

Qu'une étoile tremblante et solitaire.

LA DOUBLE gloire appert comme la lune aux cieux,

Qui dans la nuit éclaire tant et tant,

Reflétant du Seigneur miséricordieux

Tout ce qu'il juge pertinent.


5.
Une DÉCUPLE gloire est le prix à gagner !

Sans elle, vous êtes évanescents !

Ayez-la seulement, et vous allez briller

Autant qu'un soleil éclatant.

Comme les Dieux puissants, là vous pourrez briller,

Créateurs de mondes si beaux –

Un MONDE à tout le moins par COMPAGNE ÉPOUSÉE (6)

Que vous prendrez avec vous tout là-haut.


6.
L'homme ayant obtenu dix épouses honnêtes

Pourra créer DIX mondes à son gré ;

Mais celui qui n'a eu qu'une petite miette

Devra prévoir un destin acharné.

L'une ou les deux épouses dont il était content,

Lui seront enlevées (triste artifice)

Et seront attribuées, comme hier les TALENTS,

A celui qui en avait déjà dix (7).


7.
Et il en va ainsi, dans cette vie infâme -

Tels sont les maux qui vous seront contraires -

Quelque prêtre  ou bien roi  *  (8) peut vouloir votre femme

Parce que vous n'êtes qu'un pauvre hère.

Une RÉVÉLATION ! il peut en profiter -

Refusez, si vous l'osez faire !

Et vous serez damné pour toute éternité,

Par notre bon Seigneur  le Maire.


8.
Mais si vous acceptez, sans plus de chausse-trape,

Que vos filles et vos femmes deviennent

Epouse spirituelle  offerte à notre PAPE (9),

Bénis serez-vous pour les vies qui viennent.

Il vous scellera, vous ne risquerez plus rien,

Quoi que vous puissiez faire (10) -

Si vous n'écoutez que lui, c'est sûr et certain,

C'est juré : il vous guidera au travers.


9.
À travers la porte large, il va vous mener

(Il l'a si largement ouverte) -

En COLONNES COMPACTES, il vous faudra marcher,

Et entrer côte à côte, de conserve.

Et vous ne subirez aucun retard amer,

Mais "en avant ! marche !" sera votre signal ; -

Car il n'est pas pour nous seulement SEIGNEUR maire

Mais également Lieutenant Général (11).


10.
Telle est donc la doctrine en secret enseignée

Par Joe et par les béliers cramoisis -

Bien qu'en public, ils l'aient mille fois récusée -

Mais c'est juste une tromperie.

Ils ont peur du tollé tout-à-fait légitime

De ceux qui sont venus sans feinte,

Avec les mains propres et le cœur sans nul crime

Pour servir le Seigneur dans la crainte.


11.
Ainsi, chacun des DOUZE (12) enseigne mais se cache,

Et se cachant aussi, a pratiqué ;

Et il n'est pas jusqu'à ce SAGE PATRIARCHE (13)

Refusant de délacer son soulier ;

Pour sûr, ce serait tout-à-fait inconvenant,

Si ce n'est proprement abject,

Qu'une sœur, une VEUVE au profil séduisant (14)

Vienne et crache au visage d'un prophète !


12.
Mais à la pose des collets, Jo est champion,

Et du reste il se raille ;

Car pauvres veuves  et filles orphelines  sont

Proies faciles pour lui : un peu de paille.

Il pose ses collets pour toutes en tous côtés, -

Et échoue rarement dans son vol

À attraper quelques PERDRIX (15) écervelées,

Oiseaux de NEIGE ou ROSSIgnols !


13.

Mais il existe aussi un cent d'autres oiseaux

Dont il n'aura jamais le chant câlin,

Et que n'entraînera dans les fonds infernaux

Ni prophète  ni prêtre  ni souverain ;

Dont les pères ont saigné dans les jours abolis,

Par amour de leur cher pays;

Et qui demain encore saura sauver ses droits,

Sa liberté, aussi bien que les lois !


  ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ Notes ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
(1)    Le titre original commence par Buckey's Lamentations ; on trouve peu d'informations sur ce Buckey, qui peut être un nom propre (ou un surnom) ; il semble que le mot soit lié à buck, qui désigne le mâle de diverses espèces animales - du daim au lapin.
(2)    Allusion à l'évangile selon Matthieu, chapitre 7, verset 14 – qui dédouble l'expression : là où l'auteur parle de narrow gate, Jésus parle (du moins dans la King James' Version ) de strait […] gate and narrow […] way.

On pourra noter que ce verset est repris dans Doctrine & Alliances, section 132, verset 22 (cette section est celle qui institue le mariage polygamique).

(3)    Nouvelle allusion à Matthieu, chapitre 16, versets 18 et 19, où Jésus, après avoir désigné Simon Pierre comme la pierre sur laquelle il bâtirait son Église, ajoute : Et je te donnerai les clés du royaume des cieux. L'image de saint Pierre, portier du Paradis  fait partie de la tradition chrétienne.
(4)    Au début de son sermon du 26 mai 1844, Joseph Smith emploiera la même image : S'ils veulent qu'un garçon imberbe fouette le monde entier, je monterai tout en haut d'une montagne et je chanterai comme un coq.  – avec le même mot beardless.
(5)    Le passage qui suit semble se référer à la section 88 de D&A, où l'on trouve en effet un parallèle entre l'éclat des divers astres et la gloire promise aux hommes ; mais le texte mormon ne distingue que trois degrés de gloire : la gloire téleste  (aux étoiles clignotantes), la gloire terrestre  (à la clarté lunaire) et la gloire céleste  (le plein soleil). Et leur attribution ne tient pas (explicitement, du moins) au nombre d'épouses, car tous les (bons et vrais) Mormons sont censés bénéficier de la gloire céleste ; la gloire terrestre devant revenir aux honnêtes gens non Mormons, la gloire téleste aux pécheurs (reste le royaume de perdition  pour les moins chanceux et les plus dépravés).
(6)    Rien ne semble aller dans le sens de cette multiplication des mondes : le Père céleste a évidemment une épouse (la Mère céleste) et de nombreuses « épouses spirituelles » (dont Marie, mère de Jésus) – mais un monde par épouse reviendrait à faire de celle-ci l'élément distinctif de chacun, ce qui sied mal au caractère très masculin de la cosmogonie mormone.
(7)    C'est en effet ce que soutiendra Brigham Young dans un article du Deseret News  de septembre 1873 ; on pourra noter qu'il y fait aussi allusion au talent (suivant une parabole que l'on trouve dans l'évangile selon Matthieu, chapitre 25, versets 14 à 30).
(8)    Le texte original de cet article comprend une note mentionnant * BY and OH - soit Brigham Young et Orson Hyde.
(9)    Joseph H. Jackson, dans sa lettre de juin 1844 puis dans son livre, appelle à l'occasion Joseph Smith Sa Sainteté, tout comme Alexander Sympson dans un article du même numéro  [⇒].
(10)    Ce scellement protecteur fait sans doute allusion à la deuxième onction (second anointing ) qui garantit à un couple mormon l'accès au royaume céleste quelles que soient ses fautes ultérieures (à l'exception des trois péchés impardonnables ).
(11)    Rappelons que Joseph Smith, après avoir été maire-adjoint (de John Bennett) était maire de Nauvoo (depuis 1842), et que, dès que la Charte lui en avait donné le droit, en 1840, il avait créé une Légion de Nauvoo, dont il s'était fait nommer Lieutenant Général (grade supérieur à celui de Major Général  dont bénéficiaient les commandants des milices voisines comme Carthage ou Warsaw).
(12)    Le Quorum des Douze [Apôtres] était initialement chargé des Mormons vivant en dehors de la communauté centrale ; son pouvoir est allé grandissant.
(13)    Il s'agit de Hyrum Smith, le frère aîné de Joseph Smith fils, devenu Patriarche à la mort de Joseph Smith père en 1840.
(14)    Question de vocabulaire… Les Mormons appelant Sister  toute coreligionnaire, on peut se demander si l'auteur donne à ce mot ce sens général, ou s'il fait allusion à l'une des trois filles de Josepth Smith père et Lucy Mack Smith. Dans ce dernier cas, trois remarques :
→  Sophronia, sa sœur aînée, avait perdu son mari en 1836 ; mais elle s'était remariée deux ans plus tard.
→  Katharine s'était mariée en 1831, et n'était pas veuve à l'époque.
→  Lucy, la dernière de la fratrie, s'était mariée à Arthur Milliken (ou Millikin) en juin 1840, et n'était pas veuve. Mais on peut observer que Joseph H. Jackson, dans ses Aventures…  fait état de bruits selon lesquels Joseph Smith aurait cherché à épouser l'une de ses propres sœurs – que le livre appelle madame Milligan ; toujours d'après Jackson, Joseph Smith lui aurait dit que c'était faux – et il ne semble pas y avoir d'autre élément extérieur dans ce domaine.
(15)    Les trois jeux de mots sont intraduisibles, car s'ils désignent (plus ou moins clairement) des oiseaux, ce sont aussi les patronymes de quatre des « épouses spirituelles » de Joseph Smith :
→  Emily Dow Partridge (épousée le 4 mars 1843) et sa sœur Eliza M. Partridge (épousée le 8 mars),
→  Eliza R. Snow (épousée le 29 juin 1842)
→  Martha McBride Knight (épousée en août 1842, un mois après la mort de son mari).

Il est clair que Partridge (= perdix) sert d'amorce ; le second (oiseau de neige ) permet une allusion à Eliza Snow ; quant au troisième, il repose sur un calembour : Knight (chevalier ) n'a pas de rapport avec les oiseaux, mais il se prononce comme night, premier élément du nom du rossignol, nightingale.


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